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07/06/2017

A quel jeu se livre le Conseil Départemental de Vaucluse ? Chapitre 1



Nous publions aujourd'hui l'intégralité d'une lettre ouverte, écrite par notre camarade Emmanuelle. Plus qu'un coup de gueule envers une administration aveugle et sourde, c'est un véritable appel de détresse. Seul le Conseil Départemental détient le pouvoir de débloquer cette situation ubuesque.

Il serait bon de rappeler que nos élus le sont de par la volonté du peuple. A ce titre, ils ne doivent pas servir leur carrière personnelle mais œuvrer pour le bien des administrés.

En cette période électorale, nous croyons utile d'informer le public sur la manière inhumaine avec laquelle le Conseil Départemental de Vaucluse traite ses employés. Nous publions donc cette lettre ouverte et confirmons que nous ferons largement écho, par tous les moyens, à ce drame social.


André Le Gall
Trésorier de l'UL CGT APT





Le 1er juin 2017

Monsieur le Président Du Conseil Départemental de Vaucluse,


Je ne sais exactement quelles belles formules il faut employer lorsqu’on vous écrit une lettre. Je dois avouer que, même si je vous respecte, au stade où j’en suis, je vous écris avec sincérité, et la sincérité oublie les formules. Par contre, je me demande si vos services, vos employés et vous-même me respectez encore.

Quand j’étais l’une « des vôtres », vaillante, active, peut-être, sûrement même me respectiez vous. Mais aujourd’hui, vu le peu d’attention et d’assistance que l’on me porte, je dirais que le respect a disparu. Je me sens même méprisée.
J’ai tenté à maintes reprises d’expliquer ma situation, de la plaider, mais on tarde à me répondre. Quand on daigne le faire, la réponse ne varie pas. Mais la plupart du temps on me laisse dans le silence.

Je suis Emmanuelle Guillermin, Conseillère Conjugale et familiale pour le CPEF de la ville d’Apt. Je suis contractuelle du Conseil Départemental de Vaucluse depuis le 1er décembre 2011. Cela a été pour moi une grande fierté que de signer ce contrat. Je viens du privé. Pour chaque situation difficile ou mise en danger d’un mineur, la polyvalence, la PMI et l’ASE étaient les références. J’allais enfin faire partie de ces équipes. J’y ai mis tout mon cœ ur, tout mon savoir faire. J’ai aussi beaucoup appris. Je n’ai pas compté mon temps et mon investissement. Je n’ai pas compté les kilomètres non plus. Mais mon corps a dit stop le 16 novembre 2015.

C’est une chose d’être reconnue travailleur handicapée, ça en est une autre de subir le handicap : le côté gauche du corps paralysé par la douleur, de l’orteil à l’oreille, sans pouvoir ni marcher, ni se lever, ni se tenir allongée, encore moins conduire, et à peine parler. Se retrouver enfermée seule dans une maison de village sur 2 niveau, la nourriture au 1er, les toilettes au rez-dechaussée. Les urgences me renvoyant chez moi, et devant attendre 2 mois pour voir ma neurologue, mon médecin impuissant.

Au début le salaire est maintenu puis on n’en touche plus que la moitié. On rentre dans la précarité. La frontière est mince entre précarité et vulnérabilité quand on est malade. Quelle est la mission prioritaire des agents du département déjà ? La protection des personnes les plus faibles, oui voilà ! Ah ! Mais il y a les délais, les fameux délais !!

Au bout du 3ème mois de délai légal d’arrêt maladie, puis des 15 jours légaux de réflexion, le Médecin de Prévention du Conseil Départemental, prenant appui sur mon dossier médical et une lettre de ma neurologue, m’a reconnue inapte de façon définitive aux missions de mon poste. Je comprends : vue mon état et les préconisations de ma neurologue, c’est logique. Enfin, cela le semblait… C’était le 17 mars 2016.
Depuis ? On m’a placée en congé de grave maladie. On refuse de me licencier pour inaptitude. On ne me propose pas de reclassement. Je ne touche plus que la moitié de mon salaire 
sans les primes. J’ai déclaré pour 2016 un revenu de moins de 4000 euros. Mon compagnon a dû m’accueillir chez lui en plus de ses deux filles : je ne suis plus autonome et je ne peux plus payer mes factures. Je n’arrive même plus à payer ma mutuelle. Ma banque m’a enlevé mon autorisation de découvert. Je suis totalement précarisée. Cela accentue mes douleurs. Je vais être hospitalisée en juin au centre antidouleur car aujourd’hui aucune solution médicamenteuse ne fonctionne pour calmer mes crises. 
J’ai demandé à repasser en Comité Médical pour qu’on me laisse partir, pour redémarrer ma vie, pour sortir de cette précarité, de cette impasse douloureuse et financière : le Conseil Départemental n’entend rien. Je serai en congé de grave maladie jusqu’à la fin de mon contrat, payée par la CPAM.  En tout, j’aurais été bloquée 2 ans de ma vie fin 2017. Tout cela pourquoi ? Pour ne pas payer un licenciement pour inaptitude ? Licenciement auquel j’ai droit ?
Mon état de santé personne ne s’en préoccupe. L’état de mes finances non plus. Ma situation familiale qui en pâtit encore moins.

Est-ce ainsi que vous traitez vos agents Monsieur le Président ? Suis-je encore un agent du Département à vos yeux Monsieur ? Est-ce ainsi que vous venez en aide aux plus démunis Monsieur le Président ?

J’étais fière d’être Agent du Département de Vaucluse. Quand je vois que ces valeurs fortes  de protection et assistance ne sont pas aussi importantes aux yeux de certains de mes collègues, je ne trouve plus ma place dans la Fonction Publique. J’aurais au moins, pour ma part, porté ces valeurs de mon mieux pendant 4 ans. 
Malgré tout, je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de ma parfaite considération.

Madame Emmanuelle Guillermin
Conseillère Conjugale et familiale